Le « je » entre aveu et accusation : pragmatique de l’énonciation dans Cousine K de Yasmina Khadra
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Abstract
Dans Cousine K (2003), Yasmina Khadra met en scène un narrateur à la première personne dont la position énonciative oscille entre victimisation, auto-justification et aveu brutal. Cet article propose une analyse pragmatique (au sens de la théorie des actes de langage) de ce « je » narratif, complétée ponctuellement par des outils de la linguistique énonciative (modalisateurs, déictiques, points de vue). L’étude montre que le récit repose sur trois stratégies principales : l’assertion stratégique qui privilégie l’efficacité sur la vérité, l’expression lyrique de la plainte qui construit une légitimité victimaire, et l’aveu paradoxal qui transforme la confession en revendication de visibilité. L’analyse de deux séquences clés – le meurtre de Cousine K et l’agression d’une jeune fille inconnue – révèle un narrateur qui ne cherche pas à dire le vrai, mais à faire advenir une parole efficace, capable de le rendre enfin visible.
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